Les 7 dernières années étaient les plus chaudes jamais enregistrées

Les concentrations record de gaz à effet de serre ont poussé la planète en territoire inconnu, avec des répercussions probables pour les générations actuelles et futures, a averti ce dimanche l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Selon le rapport provisoire de l’OMM sur l’état du climat mondial en 2021, fondé sur les données des neuf premiers mois de l’année, les sept dernières années sont en passe de devenir les sept plus chaudes jamais enregistrées. Publié alors que les négociateurs des politiques climatiques entament leurs travaux à la COP26, à Glasgow, le rapport indique qu’en raison d’un refroidissement temporaire dû au phénomène « La Niña » en début d’année, l’année 2021 ne devrait être « que » la cinquième à la septième année la plus chaude jamais enregistrée. L’élévation du niveau mondial de la mer s’est accélérée depuis 2013 pour atteindre un nouveau sommet, avec la poursuite du réchauffement et de l’acidification des océans.
Le rapport combine les contributions de multiples agences des Nations unies, des services météorologiques et hydrologiques nationaux et d'experts scientifiques.
Il met en évidence les impacts destructeurs sur la sécurité alimentaire et les déplacements de population, les écosystèmes cruciaux et dans le ralentissement des progrès vers les Objectifs de développement durable 2030.

Il est grand temps d’agir !

Dans une déclaration vidéo, le Secrétaire général de l’ONU a déclaré que le rapport rassemble les dernières preuves scientifiques pour montrer que la planète change, sous nos yeux. « Des profondeurs de l’océan aux sommets des montagnes, de la fonte des glaciers aux événements météorologiques extrêmes incessants, les écosystèmes et les communautés du monde entier sont dévastés. La COP26 doit être un tournant pour les populations et la planète », a déclaré António Guterres. Pour le chef de l’ONU, « les scientifiques sont clairs sur les faits ».  Maintenant, a-t-il soutenu, « les dirigeants doivent être tout aussi clairs dans leurs actions. » « La porte est ouverte. Les solutions sont là. La COP26 doit être un tournant. Nous devons agir maintenant, avec ambition et solidarité, pour préserver notre avenir et sauver l’humanité », a-t-il conclu.

Événements climatiques extrêmes

Le rapport énumère certains des événements extrêmes survenus au cours de l’année écoulée. Au sommet de la calotte glaciaire du Groenland, par exemple, il a plu, au lieu de neiger, pour la première fois. Les glaciers canadiens ont subi une fonte rapide. Une vague de chaleur au Canada et dans certaines régions des États-Unis a fait grimper les températures à près de 50 °C dans un village de Colombie-Britannique. La Vallée de la Mort, en Californie, a atteint 54,4 °C. De nombreuses régions de la Méditerranée ont connu des températures record, et la chaleur s’est souvent accompagnée d’incendies dévastateurs. En Chine et dans certaines régions d’Europe, des mois de précipitations sont tombés en l’espace de quelques heures, faisant des dizaines de victimes et entraînant des milliards de pertes économiques. Une deuxième année consécutive de sécheresse en Amérique du Sud subtropicale a frappé l’agriculture, les transports et la production d’énergie. Pour le secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas, tous ces événements montrent que « les événements extrêmes sont la nouvelle norme ». « Il existe de plus en plus de preuves scientifiques que certains d’entre eux portent l’empreinte du changement climatique induit par l’homme », a-t-il ajouté. Au rythme actuel d’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre, le monde connaîtra d’ici la fin du siècle une hausse de température bien supérieure aux objectifs de l’Accord de Paris, à savoir 1,5 à 2 degrés Celsius au-dessus des niveaux préindustriels.