Nourrir les hommes

Depuis qu’il foule la terre, l’Homo Sapiens consacre tous ses efforts à trouver des moyens toujours plus productifs pour se nourrir. Il est ainsi passé du statut de chasseur nomade à celui d’agriculteur et d’éleveur sédentaire. Hier, il tirait directement sa subsistance du fruit de son travail. Aujourd’hui les techniques pour maîtriser la terre et le bétail ont évolué très inégalement selon les régions du globe. Ainsi dans la savane africaine l’Homme pratique encore une agriculture vivrière manuelle qui lui permet de survivre, tandis qu’au nord on est généralement passé à une agriculture intensive souvent industrialisée, dans un contexte marchand. Ces contrastes technologiques vont de pair avec les inégalités d’accès à la nourriture à travers le monde, et les chiffres confirment ces écarts: aujourd’hui près d’un milliard de personnes souffrent de faim chronique d’après l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 2 milliards de malnutrition, et paradoxalement, selon une étude effectuée conjointement par le FAO, l’Institut National de l’Eau de Stockholm et l’Institut National de Gestion de l’Eau, 55% de la production agricole mondiale serait dilapidée chaque année. Par ailleurs, des difficultés se présentent également au niveau de la production elle-même : l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a constaté que la demande de produits issus de la pêche ne cesse d’augmenter indifféremment du délai de renouvellement des stocks marins; il a également été établi que la monoculture provoquait un appauvrissement puis un épuisement des sols, que l’agriculture intensive en milieu aride compromettait les besoins en eau de la population locale… Ce dernier point retient par ailleurs l’attention de tous: l’eau est en passe de remplacer le pétrole comme la ressource de demain la plus convoitée. Des dizaines de pays se disputent déjà la distribution de cet élément indispensable à la vie, certains parlent de « Guerre de l’Eau ». Les avis sont très partagés, mais les chiffres de l’OMS déterminaient qu’en 2008, 13% de la population mondiale n’avaient pas accès à l’eau potable. Le défi qui apparaît est le suivant : dans un monde où l’on comptera vraisemblablement 9 milliards d’individus en 2050, comment d’une part rétablir la balance alimentaire de sorte que l’ensemble de l’humanité puisse manger sainement et à sa faim, et d’autre part, comment instaurer une exploitation viable de nos ressources alimentaires ?