Le volume total des déchets solides mondiaux pourraient augmenter de 70 % d’ici 2050 !

La Banque mondiale a publié un rapport qui prévoit que la production annuelle mondiale de déchets passera de 2,01 milliards de tonnes en 2016 à 3,5 milliards de tonnes en 2050.

Le rapport estime que le traitement et l’élimination des déchets ont contribué à 5 % des émissions mondiales en 2016.

L’enjeu de la gestion des dechets

Il souligne en outre l’importance de la gestion des déchets solides pour des villes et des communautés durables, saines et inclusives, conformément au SDG 11.

La Banque mondiale a publié un rapport qui prévient que les déchets mondiaux pourraient augmenter de 70 % d’ici 2050 selon le scénario du statu quo. Le rapport identifie le plastique comme un problème clé de gestion des déchets et fournit des recommandations pour que les pays développent et exploitent des systèmes de gestion des déchets solides.

La production de déchets contribue également aux émissions de dioxyde de carbone (CO2). Le rapport estime que le traitement et l’élimination des déchets ont contribué à 1,6 milliard de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) en 2016, soit 5 % des émissions mondiales.

Le rapport souligne en outre l’importance de la gestion des déchets solides pour des villes et des collectivités durables, saines et inclusives, conformément aux 11 SDG.

Cependant, selon le rapport, la gestion des déchets solides est souvent négligée, en particulier dans les pays à faible revenu où seulement 4 % des déchets sont recyclés. Dans les pays à revenu élevé, plus d’un tiers des déchets sont récupérés par recyclage et compostage.

Le rapport recommande l’amélioration des systèmes de gestion des déchets comme une étape vers la construction d’une économie circulaire, où les produits sont conçus pour être réutilisés et recyclés.

Les plus pauvres sont les plus durement touchés.

Cette publication décrit les tendances mondiales, régionales et urbaines en matière de gestion des déchets solides. Les pays à revenu élevé produisent ensemble 34 % des déchets du monde, bien qu’ils ne représentent que 16 % de la population mondiale.

La région de l’Asie de l’Est et du Pacifique produit le plus de déchets, soit 468 millions de tonnes en 2016, soit 23 % de tous les déchets, y compris les déchets alimentaires et verts et les matières recyclables sèches.

L’Europe et l’Asie centrale ont produit 392 millions de tonnes de déchets en 2016, et environ 31 % des déchets sont actuellement récupérés par recyclage et compostage.

L’Amérique latine et les Caraïbes ont produit 231 millions de tonnes de déchets en 2016, dont 52 % de déchets municipaux sont des déchets alimentaires et verts.

Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord ont le total le plus bas de toutes les régions, avec 129 millions de tonnes en 2016, en partie à cause de la faible population de la région. La production de déchets de la région devrait doubler d’ici 2050.

L’Amérique du Nord a produit 289 millions de tonnes de déchets en 2016, soit la quantité moyenne de déchets la plus élevée. Plus de 55 % des déchets en Amérique du Nord sont recyclables, notamment le carton, le papier, le verre, le métal et le plastique.

L’Afrique subsaharienne a produit 174 millions de tonnes de déchets en 2016. D’ici 2030, la production de déchets en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud devrait au moins tripler et doubler, respectivement.

Les pays à faible revenu ne collectent qu’environ la moitié des déchets produits dans les villes et un quart des déchets produits dans les zones rurales. De plus, plus de 90 pour cent des déchets sont mal gérés en étant brûlés ou déversés en plein air.

Par conséquent, le rapport souligne qu’il existe de grandes possibilités de mettre en œuvre des systèmes améliorés de gestion des déchets dans ces pays.

Papier ou Pixels: Question de société

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Aujourd’hui l’univers du livre est en pleine mutation : le papier se fait progressivement absorber par l’informatique. La question environnementale s’immisce au cœur de cette évolution : à l’heure où la déforestation est pointée du doigt, le livre essuie de nombreuses critiques malgré la création de labels certifiant les papiers provenant de forêts gérées durablement, comme les labels PEFC ou FSC. On consomme en effet 339 millions de tonnes de papier chaque année, et les chiffres sont à la hausse. Dans ce sujet controversé, certains prônent le tout-recyclé, d’autres encore préconisent un changement radical en passant au tout-électronique. Prenons le temps d’examiner cette seconde option…

Les « tares » écologiques du livre traditionnel sont connues : sa fabrication est coûteuse en bois, en énergie, et en encre. Par ailleurs, ses éditions doivent être constamment renouvelées, notamment dans la presse et dans le domaine scolaire. A côté de lui, le livre électronique semble cumuler tous les avantages : le seul support est un écran qui diffuse toutes les informations que l’on souhaite, le disque de stockage prend un minimum de place (au contraire d’une bibliothèque), au contenu normalement immobile peuvent s’ajouter des animations ou des vidéos, plus besoin d’acheminer les livres puisque le contenu s’affiche ou se met à jour automatiquement…

Mais la comparaison est–elle toujours aussi intransigeante quand il s’agit du bilan carbone ? Et de la pérennité du contenu ?

la mort du livreEn effet, les processus de fabrication moderne du livre-papier ont permis d’allonger très sensiblement sa durée de vie. Aujourd’hui chacun peut encore trouver chez soi des ouvrages qui ont souvent plusieurs décennies d’âge. De plus, le livre fabriqué en fibres recyclées réduit de 40% les émissions de carbone rejetées lors de la fabrication traditionnelle, sans compter les arbres épargnés. Des encres végétales, non polluantes, permettent aussi d’éviter l’utilisation de chlore pour le blanchissement du papier. Mathématiquement, il s’agit à ce jour de la solution plus écologique.

Le disque de mémoire magnétique, lui, s’éteint généralement en moyenne au bout de 10 ans. Il faut donc enregistrer régulièrement l’information sur un nouveau support de stockage. Par ailleurs, la fabrication des supports de stockage en question est très coûteuse en énergie. On a calculé, par exemple, que si la fabrication d’un livre traditionnel consomme 1.3 kg de CO2, la fabrication d’une tablette électronique en coûte, elle, 100 fois plus. Il faudrait donc lire 80 livres par an pour la rentabiliser ! Et il n’est pas souvent fait mention non plus de tous les métaux lourds que nécessite son élaboration. Par ailleurs, le secteur des nouvelles technologies se renouvelle sans cesse, d’où le fait qu’un de ces appareils est souvent considéré comme obsolète au bout d’à peine deux ou trois ans.

La crise du monde de la presse papier face à l’explosion d’internet témoigne des profonds changements en train d’opérer dans la société suite aux avancées technologiques de notre époque. Certains envisagent d’ailleurs la disparition de la presse papier d’ici quelques décennies au profit d’une presse virtuelle, sans cesse mise à jour avec du contenu nouveau. Il paraît donc presque inéluctable que le support papier soit un jour remplacé définitivement par le support électronique, en tout cas dans la plupart des domaines.

Mais ceci n’empêche pas que des efforts doivent être effectués, chez le fabricant aussi bien que chez le consommateur, en matière de support numérique, s’ils souhaitent que cette innovation conserve son ambition écologique de départ. Il faudrait débattre des matériaux utilisés dans la conception de tels appareils (plastique, lithium…), et, surtout, le consommateur doit apprendre à se responsabiliser: il peut se satisfaire durablement du produit dont il s’est doté, sans avoir besoin de le renouveler tous les deux ans, comme en témoigne la frénésie d’achat de téléphones portables par exemple.