Marée Noire Golfe du Mexique

Le 20 avril 2010, à 22h30 heure locale, une explosion retentit sur la plateforme pétrolière en eaux profondes Deepwater Horizon dans le Golfe du Mexique, aux Etats-Unis. Deux jours plus tard, elle coule, et repose aujourd’hui à 1500 mètres de fond. Le dispositif de sécurité empêchant le pétrole de se déverser dans la mer subit un dysfonctionnement, et le pétrole commence à s’échapper du puits. Le 30 avril, la nappe atteint 9000 km2, elle atteint l’embouchure du Mississipi et les plages de Louisiane, où l’on commence à trouver des boulettes de pétrole.

Le 4 août 2010, on parvient finalement à boucher le puits, mais pendant ces trois mois, on a estimé que 4,9 millions de barils, soit 780 millions de litres, se sont écoulés dans la mer. Les dégâts infligés à la faune, la flore, la pêche, et également le tourisme local, sont dramatiques.


Des moyens d’envergure ont été déployés pour limiter l’impact de la catastrophe : 33 000 personnes ont été mobilisées, notamment pour nettoyer les plages et les animaux mazoutés. Cependant certains autres « remèdes » ont suscité la polémique : la mise à feu des couches de pétrole en surface, extrêmement polluante, ou encore la diffusion du liquide dispersant Corexit 9500 qui doit sa controverse aux effets néfastes qu’il a sur la santé de l’homme. Par ailleurs, on ignore encore quel est son impact à long terme sur l’environnement. Mais si l’on se trouve dans le doute face aux contrecoups éventuels de ces solutions, il est certain que la marée noire a des conséquences directes sur l’environnement qui se font encore ressentir aujourd’hui, et ne sont pas prêtes de s’estomper.

Il s’agit avant tout d’un bouleversement de tout l’écosystème des eaux du Golfe du Mexique. La présence d’hydrocarbures, en diminuant la quantité de dioxygène dans l’eau, met notamment en danger la base de toute la chaîne alimentaire marine, le phytoplancton. Par ailleurs, à certains endroits on constate aujourd’hui qu’une couche de pétrole de 10 cm d’épaisseur s’est formée sur les fonds marins, et on y trouve aussi des cadavres d’animaux. En ce qui concerne la population côtière, on a détecté dans le sang de plusieurs résidents de la côté des résidus de composés chimiques pétroliers en quantité anormale, et divers symptômes commencent à se déclarer par ailleurs dans la région : toux, lésions, troubles de la respiration…

Les avis sont très partagés au sein de la communauté scientifique : certains avancent que les dispersants ont donné au pétrole une composition plus facile à digérer pour les bactéries, que par ailleurs seule une quantité limitée de pétrole a atteint les côtes, donc, globalement, que le pire de la catastrophe est passé. D’autres, en observant de près l’état de la biodiversité locale, s’inquiètent du fait que des résidus d’hydrocarbures ont commencé à s’installer dans les organismes des animaux, notamment dans ceux des larves des animaux les plus petits (crabes, coquillages…), qui se trouvent à la base de toute la chaîne alimentaire.